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Tableau de bord de gestion des coûts et marges en restauration avec graphiques et indicateurs
Entreprendre en Restauration — Guides et Conseils pour Réussir

Gestion des coûts en restauration : optimiser ses marges sans sacrifier la qualité

La Firma · · 5 min de lecture

En restauration, la différence entre un établissement rentable et un établissement en difficulté tient souvent à quelques points de marge. Avec un taux de défaillance élevé dans le secteur, la maîtrise des coûts n’est pas une option : c’est une condition de survie. Voici les leviers concrets pour optimiser vos marges tout en préservant la qualité qui fidélise vos clients.

Comprendre la structure des coûts

Avant d’optimiser, mesurez. Les coûts d’un restaurant se décomposent en trois grands postes :

Poste Part du CA Objectif
Coût matière (food cost) 25 à 35 % Viser 28-32 %
Charges de personnel 30 à 40 % Viser 30-35 %
Frais généraux (loyer, énergie, assurances) 15 à 25 % Optimiser sans rogner

Le prime cost (matière + personnel) ne doit idéalement pas dépasser 65 % du chiffre d’affaires. Au-delà, la rentabilité devient critique, même avec un bon remplissage.

Maîtriser le food cost

Le food cost est le ratio entre le coût des matières premières et le prix de vente d’un plat. C’est le levier le plus directement actionnable.

Calculer le coût de chaque plat

Établissez des fiches techniques précises pour chaque recette : poids exact de chaque ingrédient, coût unitaire, coût total par portion. Un plat de pâtes alla norma dont les ingrédients reviennent à 3,20 euros et vendu 13,50 euros affiche un food cost de 23,7 % — excellent. Pour proposer des pâtes fraîches artisanales à forte valeur perçue, découvrez les techniques traditionnelles de fabrication.

Mettez à jour ces fiches au minimum une fois par trimestre pour intégrer les variations de prix fournisseurs.

Fixer les prix de vente intelligemment

Appliquez un coefficient multiplicateur adapté à chaque famille de produits :

  • Pâtes et risottos : coefficient 4 à 5 (food cost 20-25 %)
  • Viandes et poissons : coefficient 3 à 3,5 (food cost 28-33 %)
  • Desserts : coefficient 4 à 6 (food cost 17-25 %)
  • Boissons : coefficient 4 à 7 (food cost 15-25 %)

Les boissons et les desserts sont les postes les plus rentables. Ne les négligez jamais dans votre stratégie de vente.

Appliquer le menu engineering

Le menu engineering consiste à classer chaque plat selon deux critères : sa popularité (volume de ventes) et sa rentabilité (marge brute unitaire).

La matrice BCG appliquée à la carte

Catégorie Popularité Rentabilité Action
Stars Haute Haute Mettre en avant, ne pas modifier
Puzzles Basse Haute Améliorer la visibilité sur la carte
Chevaux de labour Haute Basse Augmenter le prix ou réduire le coût
Poids morts Basse Basse Retirer ou transformer radicalement

Analysez votre carte tous les mois. Repositionnez les plats stars dans les zones de lecture naturelle du menu (coin supérieur droit, premier et dernier de chaque section) et supprimez sans hésiter les poids morts qui encombrent votre offre.

Optimiser les charges de personnel

Le personnel représente le deuxième poste de dépenses. L’objectif n’est pas de réduire les effectifs à tout prix, mais de planifier intelligemment.

Adapter les plannings à l’activité

Analysez vos données de fréquentation par jour et par créneau horaire. Renforcez l’équipe aux heures de pointe et réduisez les effectifs en période creuse. Un logiciel de planification comme Combo, Skello ou Snapshift visualise la masse salariale en temps réel et anticipe les dépassements.

Polyvalence et formation

Formez vos équipes à plusieurs postes. Un commis capable de basculer entre la cuisine et le service en fonction de l’affluence offre une flexibilité précieuse, surtout dans les petites structures de 20 à 40 couverts.

Réduire le gaspillage alimentaire

En France, un restaurant jette en moyenne 14 % de ses achats alimentaires. Ce chiffre représente un manque à gagner direct sur vos marges.

Mettre en place le FIFO

La méthode FIFO (First In, First Out) impose d’utiliser en priorité les produits les plus anciens. Étiquetez systématiquement chaque produit avec sa date de réception et organisez vos réserves en conséquence.

Valoriser les surplus

Transformez les surplus en plats du jour ou en suggestions. Un excédent de légumes grillés peut devenir une antipasto, un reste de ragu peut enrichir une lasagne du lendemain. La créativité en cuisine est aussi un outil de gestion.

Négocier avec les fournisseurs

La relation fournisseur est un levier permanent d’optimisation.

  • Comparez régulièrement : sollicitez des devis concurrents au moins deux fois par an sur vos principaux postes (viandes, produits laitiers, boissons)
  • Groupez les commandes : des volumes plus importants permettent de négocier des remises de 5 à 15 %
  • Négociez les conditions de paiement : un délai de 45 à 60 jours améliore votre trésorerie sans affecter la relation commerciale

Miser sur la carte saisonnière

Une carte qui évolue au fil des saisons présente un triple avantage : des produits à meilleur prix car en pleine période de production, une qualité gustative supérieure, et un argument marketing qui incite les clients à revenir pour découvrir les nouveautés.

En cuisine italienne, la saisonnalité est une tradition. Les asperges au printemps, les tomates et aubergines en été, les champignons porcini en automne, les agrumes en hiver : chaque saison apporte son lot d’ingrédients à forte marge et à forte valeur perçue.

Suivre ses indicateurs au quotidien

La gestion des coûts n’est pas un exercice ponctuel. Mettez en place un tableau de bord hebdomadaire avec les indicateurs suivants :

  • Food cost réel vs prévisionnel
  • Ticket moyen par couvert
  • Ratio masse salariale / CA
  • Taux de remplissage par service
  • Nombre de plats vendus par catégorie

Ces chiffres, suivis avec régularité, révèlent les dérives avant qu’elles ne deviennent critiques. Un food cost qui passe de 30 à 34 % en deux semaines signale un problème de dosage, de vol ou de hausse fournisseur à traiter immédiatement.

Prochaine étape : calculer le food cost réel de vos 10 plats les plus vendus cette semaine. Comparer avec les objectifs du tableau ci-dessus. Ajuster les prix ou les portions sur les plats qui dépassent 33 %. Un suivi hebdomadaire de ces indicateurs transforme la gestion des coûts en réflexe, pas en corvée.


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